Méthodologie

Le Taux de sécurit économique (TSE) est un indicateur relatif compris entre 0 et 100% qui représente la sécurité garantissant les individus adultes contre le risque de manquer des ressources nécessaires à leur subsistance et au maintien de leur statut social. Il est égal au rapport entre la moyenne de tous les revenus que touchent les individus d’un pays ou d’un territoire considéré quels que soient leur âge et leur statut, actif ou inactif, et un dénominateur représentant un niveau de vie de référence : celui des personnes adultes ayant un emploi rémunéré dans ce territoire. Nous avons d’abord évalué les composantes du TSE pour 20 pays européens en 2002. Ici l’étude porte sur les 8 départements qui composent la région Île de France pour la période 1999 à 2006.


  • La différence TSM (taux de sécurité marchandisée) / TSD (taux de sécurité démarchandisée) :

Quelles sont les sources de la sécurité économique ?

Elles sont multiples car le TSE brut agrège différents revenus, prestations et aides. Sa décomposition permet donc de comparer les parts des différentes sources de la sécurité économique.

1/ D’un côté, le TSE brut comprend la sécurité marchandisée, c’est-à-dire les revenus provenant d’un travail salarié ou indépendant.

2/ D’un autre côté, il comprend la sécurité dite démarchandisée parce que indépendante des liens avec les employeurs, provenant des revenus des systèmes de protection sociale ou d’aide publique et que les personnes perçoivent aux différents âges de leur vie d’adulte. Une telle donnée permet d’apprécier en effet dans quelle mesure les individus disposent de revenus indépendants leur garantissant un minimum de sécurités primordiales telles que la capacité à se nourrir ou se loger.Ces revenus sont de trois types :

- les revenus de remplacement du travail associés aux risques vieillesse, chômage, maladie, invalidité ainsi que les pensions de réversion,

- les remboursements et aides en nature : frais de maladie, charges familiales, aides au logement,

- les indemnités et aides en nature mobilisées dans la lutte contre l’exclusion (RMI,…).

Le TSE est ainsi décomposé en sept différentes composantes : la partie marchandisée avec le  TSE revenu, donnant le taux de sécurité marchandisée (TSM), et la partie démarchandisée avec les TSE chômage, logement, famille, vieillesse, invalidité et maladie, dont la somme donne le taux de sécurité démarchandisée (TSD).

  • Mode de calcul et sources :

Nous avons calculé le TSE brut pour les départements d’Île de France pour une période allant de 1999 à 2006.

Nous avons d’abord récolté les données (INSEE) sur la population. Nous avons ensuite rassemblé les données sur les revenus, salariaux ou indépendants, et les impôts à l’aide des statistiques de la DGI (Direction générale des impôts). Nous avons obtenu enfin les prestations, principalement avec l’aide des statistiques de la CNAF et des CAF (Caisses d’allocation familiale).

Du fait de l’agrégation de ces ressources dans le TSE brut, nous avons pu calculer la contribution des différents postes dans la sécurité économique. Nous avons ainsi pu déterminer d’abord le TSE revenu, ou taux de sécurité marchandisée (TSM), poste déterminant dans le niveau de sécurité des individus. Nous avons également calculé les TSE maladie, invalidité, vieillesse, famille, chômage, logement, puis le taux de sécurité démarchandisée (TSD) découlant de l’agrégation de ces 6 composantes.

  •  Mode de calcul du TSE net : 

Nous considérons que les populations vivant en dessous du seuil de pauvreté, soit le demi-revenu médian des habitants du territoire considéré n’ont pas de sécurité économique positive. Afin de traduire ce postulat dans le calcul du TSE, nous avons affecté uniformément une même pénalisation aux adultes vivant dans des ménages dont le revenu par tête était inférieur au seuil de pauvreté.

Avec une pénalisation égale au seuil de pauvreté, les adultes vivant dans des ménages pauvres se voient ainsi attribuer une sécurité économique négative ou nulle. Cette sécurité est comptée négativement et est égale précisément à l’écart du niveau de vie du ménage avec le seuil de pauvreté, pondération équivalente à l’intensité de pauvreté.